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Fiche bac 1 : Qu'est-ce que la philosophie?

Cours 1 : Qu’est-ce que la philosophie ? / Fiche bac et application philosophique à Lettres d’une Péruvienne de Graffigny

En lien, Lettres d'une Péruvienne

 

Le programme de philosophie

 

Le bac de philo 2027 a lieu le lundi 14 juin 2027, de 8 h à 12 h. L'épreuve ouvre les écrits du baccalauréat, deux jours avant les épreuves de spécialité. 

L’épreuve de philosophie dure 4 heures. Le jour de l'examen, tu choisis un seul sujet parmi les trois proposés 

 

Quels sont les thèmes étudiés en classe de terminale pour le bac? 

 

Les 17 themes etudies au bac de philosophie les perspectives du programme

Les 17 notions du programme : 5 grands ensembles

I. Le sujet et la conscience

  1. La conscience
  2. L'inconscient

→ Question centrale : Qui suis-je ?

On s'interroge sur la conscience de soi, l'identité, la connaissance de soi, mais aussi sur ce qui échappe à la conscience.

 


II. La raison, le savoir et la vérité

  1. La raison
  2. La vérité
  3. La science

→ Question centrale : Comment pouvons-nous connaître ?

On étudie la raison comme faculté de penser, les conditions de la vérité et la manière dont la science produit des connaissances.

 


III. La nature et la culture

  1. La nature
  2. La technique
  3. L'art
  4. Le langage

→ Question centrale : Qu'est-ce qui fait de l'homme un être humain ?

La nature s'oppose-t-elle à la culture ? La technique nous libère-t-elle ou nous asservit-elle ? L'art imite-t-il la nature ? Le langage est-il un simple outil de communication ?

 


IV. La morale et la politique

  1. La liberté
  2. Le devoir
  3. La justice
  4. L'État
  5. Le bonheur

→ Question centrale : Comment devons-nous vivre ?

Comment être libre ? Sommes-nous soumis à des devoirs ? Qu'est-ce qu'une société juste ? Pourquoi avons-nous besoin d'un État ? Peut-on construire son bonheur ?

 


V. La condition humaine

  1. Le travail
  2. Le temps
  3. La religion

→ Question centrale : Quelle est la condition de l'homme ?

L'homme se réalise-t-il par le travail ? Peut-il échapper au temps ? Pourquoi les hommes cherchent-ils à donner un sens à leur existence à travers la religion ?

 

Les cinq ensembles peuvent être présentés comme cinq grandes questions sur l'être humain :

1. Qui suis-je ?
→ conscience, inconscient

2. Que puis-je connaître ?
→ raison, vérité, science

3. Qu'est-ce qui constitue l'homme ?
→ nature, technique, art, langage

4. Comment dois-je vivre avec les autres ?
→ liberté, devoir, justice, État, bonheur

5. Quelle est ma condition d'être humain ?
→ travail, temps, religion

 

 

Qu’est-ce que la philosophie? 

 

 

 

PHILOSOPHIA = amour / désir de sagesse

↓

Philosopher = chercher à comprendre

↓

Mais comprendre quoi ?

↓

L'homme, le monde, la connaissance, l'action, l'existence

↓

Les 17 notions du programme



 

Premières notions de philosophie

I -  Le philosophe n'est pas celui qui possède la sagesse

Le philosophe est celui qui la recherche. Philosophie = amour de la sagesse ( sophia = sagesse ) 

C'est tout le sens du terme philosophos : celui qui aime ou recherche la sagesse. Le philosophe est un philosophos. 

On peut alors opposer :

le sage → celui qui possède la sagesse
le philosophe → celui qui la recherche

Citation de Kant : 

« On ne peut apprendre la philosophie, on ne peut qu'apprendre à philosopher. » 

Apprendre à philosopher, c'est apprendre à :

  • questionner ;
  • définir les concepts ;
  • examiner les présupposés ;
  • construire une argumentation ;
  • confronter des thèses ;
  • formuler des objections ;
  • exercer son jugement.

C'est donc particulièrement important pour le bac :

Le cours de philosophie ne consiste pas seulement à apprendre des connaissances : il apprend à exercer sa raison.



 

Cette distinction permet d'introduire Socrate et Platon.

Dans l'Antiquité, le philosophe se distingue notamment du sophiste : le sophiste ou pseudo-philosophe peut se présenter comme celui qui possède un savoir universel = prétention universelle non fondée ; le philosophe, lui, est engagé dans une recherche.

La philosophie naît donc d'un désir de savoir 

Philosopher, c'est désirer comprendre.

Le philosophe ne se contente pas de ce qui paraît évident. Il transforme les certitudes ordinaires en questions.

Par exemple :

« Tout le monde veut être heureux. »

Le philosophe demande :

Qu'est-ce que le bonheur ?

Puis :

Le bonheur dépend-il de nous ?

Puis :

Peut-on être heureux sans être libre ?

La philosophie commence donc lorsque l'on accepte de questionner ce que l'on croit savoir.

« Je sais que je ne sais rien. » Socrate

Même si cette formule est une formulation simplifiée de la pensée socratique, elle permet pédagogiquement de faire comprendre une idée fondamentale :

Reconnaître son ignorance est le point de départ de la recherche philosophique.

 

II. Pourquoi commence-t-on à philosopher ?

C'est ici que Platon est essentiel.

Dans le Théétète, Platon fait dire à Socrate :

« C'est, en effet, le propre du philosophe que d'éprouver cet état d'esprit : l'étonnement. »

Pourquoi l'étonnement ?

Parce que nous vivons habituellement dans un monde que nous croyons connaître.

Nous voyons :

le temps passer → sans nous demander ce qu'est le temps ;

les hommes être libres → sans nous demander ce qu'est la liberté ;

les hommes rechercher le bonheur → sans nous demander ce qu'est le bonheur ;

les hommes parler → sans nous demander ce qu'est le langage.

Nous avons donc des évidences.

L'étonnement apparaît lorsque quelque chose que nous pensions évident devient soudain problématique.

 

III. De l'étonnement au questionnement

On peut construire au tableau une véritable chaîne logique :

ÉTONNEMENT
↓
ce qui semblait évident devient étrange
↓
QUESTIONNEMENT
↓
on cherche à comprendre
↓
PROBLÈME
↓
plusieurs réponses deviennent possibles
↓
RÉFLEXION
↓
on examine les arguments
↓
PHILOSOPHIE

 

IV. Philosopher, c'est remettre en question les évidences

 

La philosophie commence lorsque l'évidence cesse de suffire.

Exemple :

Évidence ordinaire

« Je suis libre puisque je peux faire ce que je veux. »

Question philosophique

« Faire ce que l'on veut suffit-il pour être libre ? »

Problème

Si mes désirs sont déterminés par mon éducation, mon milieu, mon caractère ou mon inconscient, suis-je réellement libre lorsque je les satisfais ?

On vient donc de transformer une évidence en problème philosophique.

 

 

 

A consulter : 

Cours sur la liberté, fiche bac

Version PDF du cours et du commentaire philosophique 

Sartre, l'existentialisme est un humanisme

Francoise de graffigny lettres d une peruvienne parcours un nouvel univers s est offert a mes yeux

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Françoise de Graffigny, Lettres d'une Péruvienne

Une référence littéraire utilisable en philosophie

 

 

 

 

1. L'idée générale de l'œuvre

Dans Lettres d'une Péruvienne, Françoise de Graffigny raconte l'histoire de Zilia, une jeune Péruvienne qui arrive en France.

Parce qu'elle est étrangère, Zilia découvre la société française avec un regard différent.

Elle observe les habitudes, les relations entre les hommes et les femmes, le mariage, l'éducation, la religion, les comportements sociaux…

Et surtout, elle ne considère pas ces pratiques comme « normales » simplement parce qu'elles existent.

C'est ce qui donne à l'œuvre sa portée philosophique :

Le regard de l'étranger permet de prendre de la distance avec nos habitudes et de remettre en question ce que nous croyons naturel ou évident.

 


2. Pourquoi est-ce philosophique ?

Nous avons tous tendance à considérer comme normales les habitudes de la société dans laquelle nous vivons.

Par exemple :

« Les choses ont toujours été ainsi. »

Mais cette phrase ne prouve pas que ces choses sont justes ou naturelles.

Zilia nous oblige donc à poser des questions :

Pourquoi les hommes et les femmes ont-ils des rôles différents ?

Est-ce naturel ou est-ce le résultat de l'éducation ?

Une coutume est-elle nécessairement juste parce qu'elle est acceptée par la société ?

Devons-nous accepter les règles de notre société sans les questionner ?

On passe ainsi :

habitude → étonnement → questionnement → réflexion

C'est précisément la démarche philosophique.

philosopher : ne plus prendre les évidences pour des vérités.

 

 


3. La notion de nature

C'est l'un des rapprochements les plus importants.

Une société peut présenter certains comportements comme « naturels ».

Mais Zilia permet de se demander :

Ce qui nous paraît naturel l'est-il vraiment ?

Par exemple, si une société apprend aux filles à se comporter d'une certaine manière, peut-on ensuite considérer que ces comportements sont naturellement féminins ?

On peut donc distinguer :

La nature

Ce qui appartient à l'être humain indépendamment de la société.

La culture

Ce qui est appris par l'éducation, les habitudes et la société.

Ce que montre Graffigny

Certains comportements que l'on croit naturels peuvent en réalité être produits par la culture et l'éducation.

Sujet de bac possible

La société s'oppose-t-elle à la nature ?

Graffigny peut servir à montrer que la société façonne profondément les individus.

 


4. La notion de liberté

Zilia permet également de réfléchir à la liberté.

Une société peut imposer à chacun un rôle :

être une femme « comme il faut » ;
se marier ;
respecter certaines conventions ;
se conformer au regard des autres.

Mais Zilia refuse finalement de laisser la société décider entièrement de son existence.

Elle choisit une vie indépendante.

On peut donc poser la question :

Être libre, est-ce pouvoir choisir sa manière de vivre ?

Ou :

La société limite-t-elle nécessairement notre liberté ?

La liberté ne consiste donc peut-être pas seulement à pouvoir faire ce que l'on veut.

Elle peut aussi signifier :

être capable de déterminer soi-même sa manière de vivre.

À retenir

Zilia représente une forme d'émancipation : elle refuse que les conventions sociales déterminent entièrement son existence.

 


5. La notion de justice

Graffigny permet également de réfléchir à une distinction très importante :

Ce qui est accepté par une société est-il nécessairement juste ?

La réponse est non.

Une coutume peut être ancienne, largement acceptée et pourtant injuste.

Zilia porte donc un regard critique sur la place réservée aux femmes.

Elle permet de comprendre que :

La norme sociale et la justice ne sont pas nécessairement la même chose.

Exemple de sujet

Ce qui est légal est-il toujours juste ?

ou :

La justice consiste-t-elle à respecter les règles de la société ?

Graffigny peut alors illustrer l'idée suivante :

Il faut pouvoir soumettre les règles et les institutions de la société à l'examen de la raison.

 


6. La notion de devoir

C'est une utilisation plus subtile de l'œuvre.

La société impose aux femmes certaines obligations :

se marier, être une épouse, correspondre à un modèle féminin, respecter certaines conventions…

Mais une question philosophique apparaît :

Une obligation sociale est-elle nécessairement un devoir moral ?

Non.

Il faut distinguer :

« La société attend que je fasse cela. »

et

« Je dois moralement faire cela. »

C'est une distinction importante.

Exemple

Une société peut considérer qu'une femme doit nécessairement se marier.

Mais cela ne suffit pas à démontrer que le mariage constitue pour elle un devoir moral.

 


7. La notion de raison

Zilia ne se contente pas d'accepter ce qu'elle découvre.

Elle :

observe → compare → s'interroge → réfléchit → juge.

Elle utilise donc son propre jugement.

Cela permet de rapprocher l'œuvre de l'idéal des Lumières :

L'individu doit être capable de penser par lui-même.

On peut ici faire le lien avec Kant :
« Aie le courage de te servir de ton propre entendement. »

Zilia devient ainsi une figure de l'autonomie de la pensée.

À retenir

Graffigny montre l'importance du jugement personnel face aux préjugés et aux conventions.

 


8. La notion de langage

C'est une référence très intéressante et souvent oubliée.

Au début de son séjour en France, Zilia ne maîtrise pas la langue française.

Elle rencontre donc une difficulté fondamentale :

Comment comprendre une société lorsqu'on ne possède pas sa langue ?

Puis elle apprend progressivement le français.

Cette évolution accompagne son émancipation intellectuelle.

Elle peut :

communiquer → lire → écrire → comprendre → juger.

Cela permet de poser une grande question philosophique :

Le langage sert-il seulement à communiquer ?

On peut répondre :

Non. Le langage permet aussi de formuler, organiser et transmettre sa pensée.

Sujet possible

Peut-on penser sans langage ?

Graffigny peut alors servir d'exemple pour montrer l'importance du langage dans l'accès à la connaissance et dans l'autonomie de l'individu.

 


9. La notion de religion

Zilia découvre également les pratiques religieuses françaises avec le regard d'une étrangère.

Cela permet de distinguer :

les croyances religieuses
et
les pratiques sociales qui les accompagnent.

On peut alors poser :

La religion doit-elle être soumise à la raison ?

ou :

Les pratiques religieuses sont-elles nécessairement conformes aux valeurs qu'elles proclament ?

L'intérêt de Graffigny n'est donc pas de dire simplement « la religion est mauvaise », mais de montrer qu'une croyance ou une pratique peut être examinée et questionnée.

 


10. Le rôle du regard étranger

C'est finalement le point qui rassemble tout.

Zilia est étrangère.

Elle ne possède donc pas les mêmes évidences que les Français.

Ce qui est banal pour les Français devient étrange pour elle.

Et inversement.

Exemple simple

Pour quelqu'un qui vit dans une société depuis toujours :

« C'est normal. »

Zilia demande :

« Pourquoi est-ce normal ? »

C'est exactement le mouvement philosophique.

Formule à retenir

Le regard étranger transforme les habitudes en problèmes.

 


11. Quelles notions du programme peut-on associer à Graffigny ?

Notion

Ce que l'œuvre permet de montrer

Nature

Ce qui semble naturel peut être culturel

Culture

L'éducation et la société façonnent les individus

Liberté

L'émancipation suppose de pouvoir choisir sa vie

Justice

Une coutume n'est pas nécessairement juste

Devoir

Une obligation sociale n'est pas forcément un devoir moral

Raison

Il faut examiner les préjugés et penser par soi-même

Langage

Le langage permet de communiquer mais aussi de construire sa pensée

Religion

Les croyances et les pratiques peuvent être soumises à l'examen critique

 


12. Comment utiliser Graffigny au bac ?

C'est le point essentiel.

Il ne faut surtout pas écrire :

« Dans Lettres d'une Péruvienne, Zilia est une femme qui veut être libre. »

C'est trop descriptif.

Il faut partir de l'idée philosophique, puis utiliser Graffigny comme exemple.

Exemple : sujet sur la liberté

Sujet :

La société fait-elle obstacle à notre liberté ?

On peut argumenter :

La société peut limiter la liberté de l'individu en lui imposant des normes et des rôles. Dans Lettres d'une Péruvienne, Zilia découvre ainsi les conventions qui déterminent la place des femmes dans la société française. Son regard critique montre que certaines contraintes sociales sont tellement habituelles qu'elles finissent par apparaître naturelles. Son choix d'une existence indépendante peut alors être interprété comme une forme d'émancipation à l'égard de ces conventions.

 

 


13. Un autre exemple : nature et culture

Sujet :

L'homme est-il naturellement ce qu'il est ?

On peut écrire :

Ce que nous considérons comme naturel peut être profondément déterminé par l'éducation et la société. Dans Lettres d'une Péruvienne, Zilia découvre notamment les comportements et les rôles assignés aux femmes dans la société française. Le regard étranger permet de prendre conscience que ces comportements ne sont peut-être pas naturels, mais qu'ils résultent en partie de conventions et d'une éducation particulières. Graffigny invite ainsi à distinguer ce qui relève de la nature et ce qui relève de la culture.

 

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