-

Corrigés bac philosophie 2026 Bac techno Groupe 1 du 9 juin

Corrigé de l'épreuve de philosophie 2026, Centres Etrangers, Groupe 1, bac technologique

Le 29/03/2026

Dans Sujets et corrigés du bac de philosophie 2026, métropole, centres étrangers et DOM-TOM dès la sortie des épreuves

Bac Techno, Centres étrangers G1 du 9 juin

Retrouve sur cette page tous les sujets et corrigés du bac de philosophie 2026  Centres Etrangers, Groupe 1 pour la session de juin 2026. Epreuve du 9 juin 

Accède aux corrigés pour t’entraîner efficacement pour le jour J !

 

 

Forum bac 2026 les corriges du bac de francais philosophie hlp cinema audiovisuel sur sujetscorrigesbac frProlonge la discussion sur le forum Bac 2026

  • Tu veux comparer ton plan avec celui d’autres candidats ?
  • Partager un brouillon, une introduction ou une problématique ?
  • Poser une question sur un corrigé de français, philosophie, HLP ou cinéma-audiovisuel ?

Le forum Bac 2026 est ouvert pour échanger autour des sujets et des copies après les épreuves.

Accéder au forum

 

 

 

Bac 2026

 

Epreuve : Bac  Technologique

Matière :Philosophie

Classe : Terminale

Centre : Centres Etrangers Groupe 1

Date : 9 juin 2026

Durée : 4h

 

 

 

Au bac de philosophie 2025, les lycéens ont travaillé les thèmes suivants : 

 

 

 

 

Consulter les sujets et les corrigés des épreuves de philosophie 2026

 

 

Consultez les sujets en ligne

Téléchargez les sujets 

Stmg sti2d st2s philosophie 2026 centres etrangers sujet officielStmg sti2d st2s philosophie 2026 centres etrangers sujet officiel (174.46 Ko)

  • Dissertation n°1 :
  • Contre quoi faut-il défendre la vérité ?
  • Dissertation n°2 :
  • La technique change-t-elle ce que nous sommes ?
  • Explication de texte :
  • Il s'agit d'un extrait de David Hume, Essais esthétiques : de la norme du goût, 1742.

Consultez les corrigés du site 

 

 

 

Dissertation n°1 :

 

  • Dissertation n°1 :
  • Contre quoi faut-il défendre la vérité ?

 

La vérité semble être l'une des valeurs les plus importantes de la vie humaine. Dans la science, elle constitue l'objectif de la recherche ; dans la justice, elle permet de distinguer le coupable de l'innocent ; dans la vie quotidienne, elle fonde la confiance entre les individus. Pourtant, si la vérité est si précieuse, c'est aussi parce qu'elle paraît constamment menacée. Les erreurs, les mensonges, les manipulations et les illusions semblent faire obstacle à sa reconnaissance. À l'heure où les informations circulent instantanément et où chacun peut diffuser des contenus sans contrôle, la question de la défense de la vérité prend une importance particulière.

Cependant, se demander contre quoi il faut défendre la vérité suppose que celle-ci rencontre des adversaires multiples. Est-ce seulement l'erreur qui menace la vérité ? Ne faut-il pas également la protéger contre les pouvoirs qui cherchent à l'instrumentaliser ? Plus profondément encore, la vérité n'a-t-elle pas parfois pour principal ennemi l'être humain lui-même, lorsqu'il préfère l'illusion au réel ?

Nous verrons d'abord que la vérité doit être défendue contre l'ignorance et l'erreur qui caractérisent spontanément notre rapport au monde. Nous montrerons ensuite qu'elle est menacée par les intérêts et les pouvoirs qui cherchent à la déformer. Enfin, nous nous demanderons si son adversaire le plus redoutable ne réside pas dans le désir humain d'éviter certaines vérités.

I. La vérité doit d'abord être défendue contre l'erreur et l'ignorance

La première menace qui pèse sur la vérité semble être l'erreur. En effet, l'homme ne possède pas naturellement la vérité ; il doit la conquérir. Notre rapport spontané au monde est souvent fondé sur les apparences, les habitudes ou les croyances héritées de notre environnement. Dès lors, ce que nous tenons pour vrai ne l'est pas nécessairement.

C'est déjà ce que montre Platon dans l'allégorie de la caverne. Les prisonniers prennent les ombres projetées sur la paroi pour la réalité elle-même. Leur erreur ne provient pas d'une volonté de tromper mais de leur ignorance. Cette analyse suggère que l'esprit humain risque toujours de confondre l'apparence et la vérité. Ce que nous voyons, ressentons ou croyons n'est pas forcément conforme au réel.

L'histoire des sciences confirme cette difficulté. Pendant des siècles, les hommes ont cru que le Soleil tournait autour de la Terre parce que telle était l'apparence immédiate des choses. Il a fallu les travaux de Copernic puis de Galilée pour remettre en cause cette évidence trompeuse. Ainsi, la vérité scientifique progresse souvent contre les intuitions spontanées.

Descartes a parfaitement compris ce danger lorsqu'il entreprend, dans les Méditations métaphysiques, de soumettre toutes ses croyances au doute. Selon lui, nous avons accumulé depuis l'enfance quantité d'opinions dont nous n'avons jamais vérifié la validité. La recherche de la vérité exige donc une rupture avec les préjugés. Il faut apprendre à ne reconnaître comme vrai que ce qui résiste à l'examen rationnel.

Cette exigence se retrouve également chez Bachelard, qui affirme que « l'opinion pense mal ». Pour lui, la science progresse précisément en combattant les erreurs spontanées de l'esprit humain. La vérité ne consiste pas à prolonger nos intuitions premières mais à les rectifier.

Ainsi, défendre la vérité implique d'abord un effort intellectuel contre l'ignorance, les préjugés et les apparences trompeuses. Toutefois, l'erreur n'est pas le seul danger. La vérité est aussi menacée par ceux qui ont intérêt à la dissimuler.

II. La vérité doit être défendue contre le mensonge et les pouvoirs qui cherchent à la manipuler

Si l'erreur relève souvent de la bonne foi, le mensonge introduit une menace plus grave encore. Celui qui ment ne se trompe pas : il cherche délibérément à faire passer le faux pour le vrai. Dès lors, la défense de la vérité devient également un enjeu moral et politique.

Dans les relations humaines, le mensonge détruit la confiance nécessaire à toute vie sociale. Une promesse n'a de valeur que si l'on suppose que la parole donnée correspond à la vérité. C'est pourquoi Kant considère le mensonge comme moralement inacceptable : si chacun pouvait mentir lorsqu'il le juge utile, toute communication deviendrait impossible.

Mais la question prend une dimension encore plus importante lorsqu'elle concerne le pouvoir politique. Les gouvernements disposent souvent de moyens considérables pour orienter l'opinion publique. Ils peuvent sélectionner certaines informations, en dissimuler d'autres ou construire des récits favorables à leurs intérêts.

George Orwell a illustré ce phénomène dans 1984. Le pouvoir totalitaire ne se contente pas d'imposer des comportements ; il cherche à contrôler la vérité elle-même. En modifiant les archives et en réécrivant l'histoire, il devient capable de façonner la réalité aux yeux des citoyens. Dès lors, défendre la vérité revient à résister à une domination politique.

Cette analyse est prolongée par Hannah Arendt lorsqu'elle étudie les régimes totalitaires du XXe siècle. Selon elle, le danger ultime n'est pas seulement le mensonge mais la disparition de la distinction entre le vrai et le faux. Lorsque les citoyens ne savent plus à quoi se fier, ils deviennent particulièrement vulnérables à toutes les formes de manipulation.

Cette question est particulièrement actuelle. Les réseaux sociaux permettent une diffusion extrêmement rapide de fausses informations. Les images truquées, les rumeurs ou les théories complotistes peuvent parfois circuler plus facilement que les faits vérifiés. Dans un tel contexte, défendre la vérité devient une condition de la vie démocratique elle-même.

Cependant, même lorsque les erreurs sont corrigées et les mensonges dénoncés, la vérité rencontre encore une résistance plus profonde : celle qui provient de notre propre rapport au réel.

III. La vérité doit peut-être être défendue contre notre propre désir d'illusion

La vérité n'est pas toujours agréable. Certaines vérités peuvent blesser notre amour-propre, remettre en cause nos croyances ou révéler notre fragilité. Dès lors, il arrive que les hommes préfèrent inconsciemment l'illusion à la vérité.

Pascal montre que l'être humain cherche constamment à se divertir afin d'éviter certaines pensées dérangeantes, notamment celle de sa condition mortelle. Le divertissement ne constitue pas seulement un loisir ; il représente une fuite devant certaines vérités difficiles à accepter.

Freud approfondit cette idée en montrant que certaines croyances répondent davantage à des besoins psychologiques qu'à une véritable recherche du vrai. Dans L'Avenir d'une illusion, il explique que certaines représentations persistent parce qu'elles rassurent les individus face à leurs angoisses. Une illusion n'est donc pas simplement une erreur : c'est une croyance que l'on souhaite vraie.

Nietzsche va encore plus loin lorsqu'il affirme que les hommes n'aiment pas toujours la vérité. Selon lui, beaucoup de valeurs que nous considérons comme évidentes reposent en réalité sur des constructions historiques ou culturelles. La vérité peut alors apparaître menaçante parce qu'elle détruit les certitudes auxquelles nous sommes attachés.

C'est pourquoi la défense de la vérité exige une véritable vertu intellectuelle : le courage. Kant l'exprime dans sa célèbre formule des Lumières : « Sapere aude », c'est-à-dire « ose savoir ». Chercher la vérité suppose d'accepter le risque de voir certaines de nos croyances remises en question.

La vérité doit donc être défendue non seulement contre les erreurs et les mensonges, mais aussi contre cette tendance profondément humaine à préférer parfois le confort de l'illusion à l'exigence du réel.

La vérité rencontre de nombreux adversaires. Elle doit d'abord être défendue contre l'erreur et l'ignorance qui caractérisent notre rapport spontané au monde. Elle doit ensuite être protégée contre les mensonges et les manipulations des pouvoirs qui cherchent à l'instrumentaliser. Mais son ennemi le plus profond réside peut-être dans notre propre désir d'éviter certaines vérités difficiles à accepter. Défendre la vérité apparaît alors comme une exigence à la fois intellectuelle, morale et politique. Plus qu'un simple savoir, elle représente une conquête permanente de l'esprit contre toutes les formes d'illusion.

 

Dissertation n° 2

 

  • Dissertation n°2 :
  • La technique change-t-elle ce que nous sommes ?

Depuis la préhistoire, l'être humain se caractérise par sa capacité à fabriquer des outils. De la pierre taillée aux technologies numériques, en passant par la machine à vapeur, l'électricité ou l'intelligence artificielle, la technique accompagne toutes les étapes de l'histoire humaine. Grâce à elle, l'homme transforme son environnement, améliore ses conditions de vie et étend considérablement son pouvoir sur la nature. Aujourd'hui, les progrès de la médecine, de la robotique ou des biotechnologies semblent même permettre de modifier le corps humain lui-même. Dès lors, une question se pose : ces transformations affectent-elles seulement notre manière de vivre ou changent-elles ce que nous sommes ?

À première vue, on pourrait penser que la technique n'est qu'un ensemble d'outils extérieurs à l'homme. Un marteau, un ordinateur ou un téléphone ne seraient que des moyens dont nous disposons librement. Pourtant, ces objets modifient souvent nos habitudes, nos comportements et parfois même notre façon de penser. Plus encore, certaines innovations contemporaines semblent brouiller la frontière entre l'homme et la machine.

La technique désigne l'ensemble des procédés permettant de produire efficacement un résultat ou de transformer le monde. Quant à ce que nous sommes, cela renvoie à notre identité d'êtres humains, à notre nature ou à notre manière d'exister. La technique modifie-t-elle seulement nos conditions d'existence ou transforme-t-elle l'humanité elle-même ?

Nous verrons d'abord que la technique semble effectivement changer profondément l'homme. Nous montrerons ensuite que ces transformations ne modifient pas nécessairement son essence. Enfin, nous nous demanderons si la technique n'appartient pas elle-même à ce qui définit l'être humain.

I. La technique semble transformer profondément ce que nous sommes

La technique modifie d'abord notre rapport au monde. Grâce aux outils, l'homme n'est plus simplement soumis aux contraintes naturelles ; il devient capable d'agir sur elles. Les progrès techniques ont permis de réduire les effets de la maladie, de vaincre certaines distances et d'augmenter considérablement la puissance humaine. Comme l'écrit Descartes dans le Discours de la méthode, les sciences et les techniques doivent permettre à l'homme de se rendre « comme maître et possesseur de la nature ». La technique apparaît ainsi comme un moyen d'émancipation à l'égard des limites imposées par la nature.

Cependant, cette transformation ne concerne pas seulement notre environnement. Elle affecte également notre manière de vivre. Les révolutions techniques ont profondément modifié les rythmes de l'existence humaine. L'invention de l'imprimerie a bouleversé la diffusion du savoir ; la révolution industrielle a transformé l'organisation du travail ; les technologies numériques ont modifié notre rapport à l'information, à la communication et même à la mémoire. Aujourd'hui, une partie de nos activités intellectuelles est déléguée à des appareils techniques capables de stocker ou de traiter des quantités considérables de données.

Marshall McLuhan souligne cette influence lorsqu'il affirme que « le médium est le message ». Les outils de communication ne sont pas de simples instruments neutres ; ils modifient la manière dont les individus perçoivent le monde et interagissent les uns avec les autres. Ainsi, l'usage permanent des réseaux numériques transforme nos habitudes sociales, notre rapport au temps et parfois même notre capacité d'attention.

Plus radicalement encore, certaines innovations semblent agir directement sur l'être humain lui-même. Les prothèses, les implants, les manipulations génétiques ou les recherches sur l'intelligence artificielle ouvrent la possibilité d'une transformation du corps et de certaines fonctions cognitives. Les projets transhumanistes envisagent même un dépassement des limites biologiques traditionnelles de l'espèce humaine. La technique ne se contente alors plus de modifier notre environnement : elle paraît intervenir sur l'homme lui-même.

Dès lors, il semble légitime d'affirmer que la technique change profondément ce que nous sommes. Pourtant, cette conclusion mérite d'être nuancée.

II. Malgré ces transformations, la technique ne modifie pas nécessairement l'essence de l'homme

Si la technique transforme nos conditions d'existence, cela ne signifie pas qu'elle modifie notre nature fondamentale. En effet, les outils ne sont jamais que des moyens mis au service de fins choisies par les hommes. Ils augmentent certaines capacités mais ne déterminent pas à eux seuls ce que nous sommes.

Aristote distinguait déjà les moyens et les fins. La technique appartient au domaine des moyens : elle indique comment atteindre un objectif mais ne décide pas quel objectif doit être poursuivi. Un même outil peut servir des usages très différents selon les intentions humaines. Internet peut favoriser l'accès à la connaissance ou diffuser des informations trompeuses ; l'énergie nucléaire peut produire de l'électricité ou des armes destructrices. La technique ne possède donc pas de finalité propre.

Cette idée conduit à rappeler que l'homme demeure responsable de ses choix. Sartre affirme que « l'homme est condamné à être libre » : quelles que soient les conditions dans lesquelles il se trouve, il doit assumer la responsabilité de ses décisions. Même dans une société fortement technicisée, les individus restent capables de réfléchir aux usages qu'ils font des technologies. La liberté humaine ne disparaît pas sous l'effet du progrès technique.

Par ailleurs, les grandes caractéristiques qui définissent l'humanité semblent demeurer relativement stables malgré les transformations techniques. Les hommes continuent d'aimer, de souffrir, de désirer, de craindre la mort ou de rechercher le bonheur. Les outils changent, mais certaines questions fondamentales de l'existence humaine demeurent les mêmes. Un individu utilisant un smartphone n'échappe pas davantage aux interrogations morales, politiques ou métaphysiques qui accompagnaient déjà les générations précédentes.

Ainsi, la technique transforme profondément nos conditions de vie sans pour autant abolir les traits essentiels de l'expérience humaine. Mais cette distinction entre l'homme et la technique est-elle réellement pertinente ? Ne faut-il pas reconnaître que la technique appartient depuis toujours à ce qui fait l'humanité elle-même ?

III. La technique change ce que nous sommes parce qu'elle appartient à notre manière d'être humaine

L'opposition entre l'homme et la technique peut sembler artificielle. En effet, l'être humain est peut-être, par nature, un être technique. Contrairement à la plupart des animaux, il ne dispose pas d'organes spécialisés lui permettant de s'adapter immédiatement à son environnement. Il compense cette relative faiblesse par la fabrication d'outils.

Henri Bergson définit ainsi l'homme comme Homo faber, c'est-à-dire comme l'être capable de fabriquer des instruments. Selon lui, l'intelligence humaine s'est développée en lien étroit avec cette activité technique. La technique ne serait donc pas un simple ajout extérieur à l'humanité ; elle constituerait l'une de ses caractéristiques fondamentales.

Cette idée est également développée par le préhistorien André Leroi-Gourhan. Selon lui, l'histoire de l'humanité est inséparable de celle des techniques. Les outils prolongent les capacités du corps humain et participent au développement de nouvelles formes de pensée. Ainsi, les transformations techniques contribuent à façonner progressivement les sociétés, les cultures et même certaines structures mentales.

Karl Marx va encore plus loin lorsqu'il affirme que, en transformant la nature par son travail, l'homme se transforme lui-même. Le travail technique n'est pas seulement une action exercée sur le monde extérieur ; il est aussi un processus par lequel l'humanité se construit. Chaque innovation modifie les conditions dans lesquelles vivent les hommes et influence leur développement futur.

Cependant, cette puissance de transformation soulève une question essentielle. Si la technique participe à la définition même de l'humanité, elle ne doit pas pour autant devenir une force incontrôlée. Heidegger souligne que le danger n'est pas la technique en elle-même mais la manière dont nous risquons de considérer le monde et les hommes comme de simples ressources à exploiter. Le véritable enjeu n'est donc pas de refuser la technique mais de réfléchir aux valeurs qui orientent son développement.

Ainsi, la technique change effectivement ce que nous sommes, non parce qu'elle s'opposerait à notre nature, mais parce qu'elle participe depuis toujours à la manière dont nous devenons humains.

La technique transforme incontestablement l'existence humaine. Elle modifie notre rapport à la nature, nos modes de vie, nos relations sociales et parfois même notre corps. Toutefois, ces changements ne signifient pas nécessairement que l'homme perde son identité fondamentale, puisque les techniques demeurent des moyens dont les usages dépendent de choix humains. Plus profondément encore, la technique apparaît comme une dimension constitutive de l'humanité elle-même : loin d'être extérieure à l'homme, elle participe à la manière dont il se construit et se développe au cours de son histoire. Dès lors, la véritable question n'est peut-être pas de savoir si la technique change ce que nous sommes, mais comment nous pouvons orienter cette puissance de transformation afin qu'elle demeure au service de l'humain.

Les progrès techniques peuvent-ils être considérés comme un progrès moral de l'humanité ?

Commentaire 

 

A) Éléments d'analyse

1. Comment Hume distingue-t-il le bon du mauvais poète ?

Hume distingue le bon du mauvais poète à partir de la durée et de l'universalité de leur succès.

Le mauvais poète peut connaître un succès provisoire grâce à « l'autorité » ou au « préjugé ». Son œuvre bénéficie parfois de circonstances favorables (mode, influence politique ou sociale), mais cette réputation ne résiste pas à l'épreuve du temps. Lorsque son œuvre est examinée par « la postérité ou par des étrangers », ses défauts deviennent visibles et « l'enchantement est dissipé ».

À l'inverse, le véritable génie continue d'être admiré malgré les siècles et les différences culturelles. Son œuvre conserve sa valeur indépendamment des modes ou des contextes historiques. Hume prend l'exemple d'Homère, admiré aussi bien dans l'Antiquité qu'à son époque.

Ainsi, le critère essentiel est la capacité d'une œuvre à conserver son pouvoir d'admiration à travers le temps et l'espace.

2. De quels moyens dispose-t-on pour juger un artiste au présent ?

Pour juger un artiste au présent, on peut observer l'accueil que reçoit son œuvre auprès du public contemporain.

Cependant, Hume souligne que ce jugement demeure fragile, car il peut être influencé par des facteurs extérieurs : prestige social, préjugés, phénomènes de mode ou admiration excessive pour la personnalité de l'artiste.

Le jugement présent n'est donc qu'un indice. La véritable valeur d'une œuvre ne peut être pleinement établie qu'après un examen plus large, effectué par différentes générations et différents peuples.

3. Que faut-il éviter pour mal juger une œuvre ?

Pour ne pas mal juger une œuvre, il faut éviter plusieurs obstacles :

les préjugés ;

l'autorité sociale ou intellectuelle ;

les effets de mode ;

l'envie ;

la jalousie ;

l'influence de la proximité avec l'artiste.

Hume explique en effet que « l'envie et la jalousie » peuvent empêcher de reconnaître le mérite véritable d'une œuvre. De même, la connaissance personnelle de l'artiste peut fausser le jugement.

Le spectateur doit donc chercher à évaluer l'œuvre elle-même et non les circonstances qui l'entourent.

B) Éléments de synthèse

1. Quelle est la question à laquelle l'auteur tente de répondre dans ce texte ?

Hume cherche à répondre à la question suivante :

Comment reconnaître la véritable valeur d'une œuvre d'art et distinguer le génie authentique du succès passager ?

Plus largement, il s'interroge sur l'existence de critères permettant de juger objectivement les œuvres artistiques.

2. Dégagez les différents moments de l'argumentation

Premier moment 

Exemple d'Homère.

Hume montre qu'une œuvre véritablement grande traverse les siècles sans perdre son prestige.

Deuxième moment 

Critique des faux succès.

L'auteur explique que certains artistes connaissent une célébrité temporaire fondée sur l'autorité ou le préjugé.

Troisième moment 

Définition du véritable génie.

Plus le temps passe et plus son admiration s'étend, plus sa valeur apparaît clairement.

Quatrième moment 

Explication des obstacles au jugement.

L'envie, la jalousie ou les relations personnelles peuvent masquer momentanément le mérite d'une œuvre, mais celui-ci finit toujours par s'imposer.

3. En vous appuyant sur les éléments précédents, dégagez l'idée principale du texte

L'idée principale du texte est que la véritable valeur artistique se reconnaît à sa capacité à traverser le temps et les frontières culturelles.

Les succès fondés sur la mode ou les préjugés disparaissent rapidement, tandis que les œuvres de génie continuent de susciter l'admiration parce qu'elles possèdent une beauté universelle capable de toucher durablement les hommes.

C) Commentaire

1. Qu'est-ce qu'une œuvre d'art géniale ?

Pour Hume, une œuvre géniale est une œuvre qui possède une valeur intrinsèque indépendante des circonstances historiques ou sociales.

D'abord, elle produit un plaisir durable. Contrairement aux œuvres médiocres, qui séduisent momentanément, elle continue d'émouvoir les générations successives. Son pouvoir ne dépend ni des modes ni des conventions.

Ensuite, l'œuvre géniale possède une portée universelle. Hume montre qu'Homère est admiré aussi bien dans l'Antiquité qu'au XVIIIᵉ siècle. Cela signifie que certaines qualités artistiques dépassent les différences de culture, de langue ou de religion.

Enfin, le génie se caractérise par sa capacité à résister à l'examen critique. Plus une œuvre est étudiée, plus ses qualités apparaissent. Le temps agit comme une épreuve de vérité qui révèle la grandeur véritable.

Ainsi, une œuvre géniale est une œuvre dont la beauté continue de s'imposer malgré les changements historiques et les jugements particuliers.

2. La beauté artistique résiste-t-elle au temps ?

Selon Hume, la beauté artistique authentique résiste au temps.

Les sociétés évoluent : les langues changent, les régimes politiques disparaissent, les croyances religieuses se transforment. Pourtant, certaines œuvres continuent d'être admirées. Cette permanence suggère que la beauté artistique ne dépend pas entièrement des contextes historiques.

Cependant, cette thèse peut être discutée.

D'une part, de nombreuses œuvres autrefois célèbres sont aujourd'hui oubliées. Cela semble confirmer l'idée de Hume selon laquelle seule la véritable beauté survit.

D'autre part, les critères esthétiques évoluent avec les époques. Certaines œuvres longtemps méprisées sont parfois redécouvertes plusieurs siècles plus tard. La reconnaissance artistique dépend donc aussi du regard porté par chaque époque.

On peut alors distinguer deux niveaux :

les goûts particuliers varient selon les cultures et les périodes ;

certaines œuvres exceptionnelles semblent néanmoins conserver une capacité durable à émouvoir et à faire réfléchir.

La résistance au temps apparaît ainsi comme l'un des signes les plus importants du génie artistique, même si elle n'est jamais totalement indépendante de l'histoire.

 

 

 

 

 

Vous pouvez aussi consulter les corrigés du bac 2025

Vous pouvez aussi consulter les sujets corrigés 2024

 

 Pour aller plus loin :

 consultez les sujets en lien avec les thèmes de l'art, la justice, la nature et la technique

 

L’art

La technique

La nature

La justice / La morale / Le droit

 

Corriges bac 2026 francais philosophie hlp des la sortie des epreuves

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !