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Corrigés bac philo 2026 Centres Etrangers Groupe 1 9 juin

Corrigés bac philosophie 2026 Centres Etrangers Groupe 1, bac général du 9 juin

Le 29/03/2026

Dans Sujets et corrigés du bac de philosophie 2026, métropole, centres étrangers et DOM-TOM dès la sortie des épreuves

Bac Général, Groupe 1, épreuve du 9 juin

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Bac 2026

 

Epreuve : Bac  Général

Matière :Philosophie

Classe : Terminale

Centre : Centres Etrangers Groupe 1

Date : 9 juin 2026

Durée : 4h

 

 

 

Au bac de philosophie 2025, les lycéens ont travaillé les thèmes suivants : 

 

 

 

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Philosophie 2026 centres etrangers sujet officielPhilosophie 2026 centres etrangers sujet officiel (746.89 Ko)

  • Dissertation n°1 :
  • Peut-on être certain d'avoir bien agi ?
  • Dissertation n°2 :
  • La nature a-t-elle besoin de nous ?
  • Explication de texte :
  • Simone Weil, La condition ouvrière, 1951. 
     

 

 

 

Dissertation n°1 :

Dissertation n°1 : Peut-on être certain d'avoir bien agi ?

 

Il nous arrive souvent de ressentir du regret ou du doute, même après avoir pris une décision que nous pensions juste.

Définition des termes :

Être certain : Posséder une vérité indubitable, n'avoir aucun doute subjectif ni objectif.

Bien agi : Avoir produit une action moralement bonne, conforme au devoir ou ayant des conséquences positives.

Problématique : La conscience morale peut-elle atteindre une certitude absolue quant à la valeur de ses actes, ou la complexité des intentions humaines et des conséquences réelles condamne-t-elle l'homme à une incertitude permanente ?

Annonce du plan : Si l'alignement avec le devoir ou la bonne conscience semble d'abord offrir une forme de certitude (I), l'opacité de nos motivations réelles et l'imprévisibilité des conséquences rendent cette certitude illusoire (II). Dès lors, la véritable moralité réside peut-être non pas dans la certitude, mais dans l'exigence d'un doute constructif (III).

 

I. Le réconfort de la bonne conscience : la certitude par l'intention ou le sentiment

La certitude d'avoir bien agi peut s'appuyer sur des repères rationnels ou intérieurs qui semblent infaillibles au moment de l'action.

L'intention pure et le devoir (Kant) : Pour Emmanuel Kant, la moralité ne dépend pas du résultat, mais de la pureté de la volonté. Si j'agis par pur respect pour la loi morale (l'impératif catégorique), l'action est bonne en soi.

Citation : « Il n'y a rien qu'il soit possible de penser dans le monde, et même en général hors du monde, qui puisse être tenu pour bon sans restriction, sinon une bonne volonté. » — Emmanuel Kant, Fondation de la métaphysique des mœurs.

La voix de la conscience comme guide infaillible (Rousseau) : Rousseau affirme que la conscience est un sentiment inné, une boussole morale qui ne nous trompe jamais si nous savons l'écouter.

Citation : « Conscience ! Conscience ! Instinct divin, immortelle et céleste voix ; guide assuré d'un être ignorant et borné, mais intelligent et libre. » — Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l'éducation.

La conformité aux règles sociales (La morale provisoire) : Suivre les lois et les coutumes de son pays donne une certitude pratique, indispensable pour agir sans être paralysé par l'hésitation.

Citation : « La première [maxime] était d'obéir aux lois et aux coutumes de mon pays. » — René Descartes, Discours de la méthode.

II. L'illusion de la certitude : l'opacité du cœur humain et l'imprévisibilité du monde

Pourtant, cette certitude se heurte à notre inconscient et à la complexité des conséquences réelles de nos actes.

Le piège de l'amour-propre et des motivations cachées : Les moralistes classiques soulignent que nos actions prétendument vertueuses cachent souvent un désir inconscient de reconnaissance ou d'orgueil.

Citation : « Les vertus se perdent dans l'intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer. » — La Rochefoucauld, Maximes.

L'impossibilité de sonder les reins et les cœurs (Kant) : Même Kant admet un paradoxe : l'homme ne peut jamais être absolument certain qu'une de ses actions n'a pas été secrètement dictée par un motif égoïste.

Citation : « Il est absolument impossible d'établir par l'expérience avec une entière certitude un seul cas où l'intime conviction d'une action [...] ait reposé uniquement sur des principes moraux. » — Emmanuel Kant, Fondation de la métaphysique des mœurs.

Le piège des conséquences (L'utilitarisme) : Si bien agir signifie maximiser le bonheur général, la certitude est impossible car les effets d'une action se déploient dans l'avenir et nous échappent.

Citation : « La doctrine qui donne comme fondement à la morale l’Utilité ou le Principe du plus grand bonheur soutient que les actions sont bonnes en proportion de leur tendance à accroître le bonheur. » — John Stuart Mill, L'Utilitarisme. (Or, on ne peut jamais prédire à 100% cette tendance).

III. Vers une éthique de la responsabilité : le doute comme moteur moral

La quête d'une certitude absolue est vaine et dangereuse (fanatisme). La véritable moralité accepte le doute et l'inquiétude.

Le danger du dogmatisme et de la bonne conscience : Celui qui est certain d'avoir bien agi s'endort moralement. C'est le propre du fanatique.

Citation : « La bonne conscience est un fleuve de lait où l'on se noie avec délices. » — Jean-Paul Sartre, Le Diable et le Bon Dieu.

L'éthique de responsabilité face à l'éthique de conviction : Bien agir, c'est accepter de porter le poids des conséquences réelles de ses actes, parfois au détriment de ses principes purs.

Citation : « L’éthique de responsabilité [...] commande de répondre des conséquences (prévisibles) de nos actes. » — Max Weber, Le Savant et le Politique.

Le doute comme garantie de la vigilance morale (Alain) : L'inquiétude morale, le fait de douter d'avoir bien agi, est précisément ce qui garantit que l'on reste un être moral.

Citation : « L'homme moral est celui qui se demande s'il est moral. » — Alain, Propos.

Si la bonne volonté ou le sentiment intérieur nous donnent parfois l'illusion d'avoir bien agi, cette certitude résiste mal à l'examen de notre inconscient et des conséquences de nos actes.

Ouverture : On ne peut jamais être certain d'avoir bien agi, mais c'est précisément dans cette incertitude assumée que réside la dignité d'une conscience libre et responsable.

 

Dissertation n° 2

 

Dissertation n°2 : La nature a-t-elle besoin de nous ?

Face à la crise écologique actuelle, l'humanité se pense souvent comme le médecin ou le bourreau de la planète, ce qui présuppose que le destin de la nature est entre nos mains.

Définition des termes :

La nature : L'ensemble du monde physique, des systèmes écologiques et des êtres vivants qui se développent indépendamment de l'artifice humain.

Avoir besoin de : Manquer de quelque chose d'essentiel pour exister, se maintenir ou s'accomplir.

Problématique : La nature est-elle un système autonome dont l'homme n'est qu'un accident remplaçable, ou l'avènement de la puissance technique humaine a-t-il lié indéfectiblement le sort de la biosphère à nos décisions ?

Annonce du plan : D'un point de vue biologique, la nature possède une autonomie radicale qui exclut tout besoin de l'homme (I). Cependant, la puissance technique humaine a brisé cet équilibre, rendant la nature aujourd'hui dépendante de notre régulation (II). Enfin, cette dépendance apparente cache une vérité plus profonde : c'est l'homme qui a un besoin vital de la nature, et prétendre le contraire relève d'une illusion anthropocentrique (III).

 

I. L'autonomie radicale de la nature : un mécanisme qui se passe de l'homme

La nature est, par définition, ce qui se produit soi-même. Elle n'a aucunement besoin de l'esprit ou de la technique humaine pour fonctionner ou s'accomplir.

Une substance infinie et autosuffisante (Spinoza) : La nature n'agit pas en vue d'une fin (comme plaire à l'homme ou avoir besoin de lui). Elle déploie ses lois de manière nécessaire et mécanique.

Citation : « La nature n'a pas de fin qui lui soit prescrite et toutes les causes finales ne sont rien que des fictions humaines. » — Baruch Spinoza, Éthique.

L'indifférence de la nature à l'égard de l'homme (Le transcendantalisme) : La nature sauvage possède une splendeur et un ordre qui précèdent et dépassent largement l'existence humaine.

Citation : « La nature ne fait jamais de parasol ou de siège pour notre usage. » — Ralph Waldo Emerson, La Nature.

Le mécanisme aveugle de l'évolution (Darwin) : La sélection naturelle et la prolifération de la vie se font par des lois biologiques autonomes où l'homme n'est qu'un produit tardif et contingent.

II. Le tournant de l'Anthropocène : quand la technique humaine rend la nature vulnérable

Par son ambition de domination technique, l'homme a modifié l'équilibre planétaire. La nature matérielle (la biosphère actuelle) a désormais besoin de notre modération pour ne pas s'effondrer.

Le projet cartésien et ses dérives : L'homme moderne s'est donné pour but de soumettre la nature à ses besoins, rompant l'équilibre originel.

Citation : « [Nous pouvons] nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. » — René Descartes, Discours de la méthode.

La vulnérabilité de la nature et le nouveau devoir humain (Jonas) : Parce que la technique moderne menace la survie même de la biosphère, la nature est devenue dépendante de l'éthique humaine. Elle a « besoin » que l'homme pose des limites à sa propre puissance.

Citation : « La nature comme responsabilité humaine est certainement une nouveauté parmi les objets de la théorie éthique. » — Hans Jonas, Le Principe Responsabilité.

Le rôle de l'homme comme "complément" de la nature (L'artifice) : Dans une perspective classique, l'homme peut voir dans la nature une matière brute qui réclame le travail humain pour atteindre sa pleine perfection (l'agriculture, le paysage).

Citation : « L'artifice est la nature de l'homme. » — Burke. (L'homme cultive la nature pour l'aider à accoucher de ses potentialités).

III. Le renversement écosystémique : l'illusion anthropocentrique du besoin

L'idée que la nature a "besoin de nous" est un abus de langage. En réalité, le besoin est unilatéral : c'est l'homme qui dépend entièrement de la nature.

Le besoin asymétrique de l'homme envers la nature (Serres) : La Nature globale (les roches, les bactéries, les lois physiques) se moque de notre disparition. Ce qui est en péril, c'est uniquement la nature hospitalière pour l'homme. Nous devons signer un pacte avec elle non pour la sauver elle, mais pour nous sauver nous.

Citation : « La Terre nous regarde, nous l'ignorons. Elle nous possède, nous croyons la posséder. » — Michel Serres, Le Contrat Naturel.

L'homme est un fragment de la nature : Dire que la nature a besoin de nous revient à dire que le tout a besoin de la partie. L'homme doit redescendre de son piédestal et se concevoir comme un membre de la communauté du vivant.

Citation : « L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant. » — Blaise Pascal, Pensées. (La pensée nous distingue, mais le "roseau" rappelle notre fragilité et notre ancrage biologique absolu).

La survie sans l'homme (Lévi-Strauss) : La conclusion de l'anthropologie nous rappelle que le monde a commencé sans l'homme et qu'il s'en passera très bien.

Citation : « Le monde a commencé sans l'homme et il finira sans lui. » — Claude Lévi-Strauss, Tristes Tropiques.

 La nature en soi n'a aucun besoin de l'humanité pour être ou pour s'ordonner. Cependant, la nature telle que nous l'avons endommagée a aujourd'hui un besoin urgent de notre retenue politique et éthique.

Ouverture : Croire que la nature a besoin de nous est le dernier sursaut de notre orgueil anthropocentrique. Comprendre que c'est nous qui avons un besoin vital et viscéral d'elle est le premier pas vers une authentique sagesse écologique.

 

Commentaire 

 

Situation du texte : Dans cet extrait de La Condition ouvrière (publié à titre posthume en 1951), Simone Weil s'appuie sur sa propre expérience de la condition d'usine pour penser le travail non comme une abstraction métaphysique, mais comme une réalité charnelle et sociale.

Thème : Le texte porte sur l'aliénation inhérente au travail d'exécution (ou manuel) et sur le conflit psychologique profond qu'il génère chez le travailleur.

Thèse : Simone Weil soutient que le travail manuel enferme l'homme dans une servitude irréductible parce qu'il est dicté par la pure nécessité biologique et non par une finalité choisie. Cette absence de but brise le mécanisme naturel du désir humain, condamnant le travailleur à un mouvement circulaire et absurde dont le produit inévitable est « l’écœurement ».

Problématique : Comment l'homme peut-il préserver son humanité et sa force d'action lorsque l'effort qu'on lui réclame contredit la dynamique même de son désir et de sa liberté ?

Annonce du plan :

Le travail d'exécution comme règne de la pure nécessité (du début à « perdrait ce qu'on a ») : l'analyse de la dimension servile du travail manuel.

La contradiction tragique entre l'effort imposé et la dynamique du désir (de « Mais, dans la nature humaine » à « l'écœurement ») : l'explication psychologique et existentielle du dégoût.

L'épuisement moral du travailleur (de « L'écœurement... » à la fin) : la conclusion éthique sur la souffrance des exécutants.

 

I. Le travail d'exécution comme règne de la pure nécessité

Dès les premières lignes, Simone Weil pose un diagnostic radical : il existe une « servitude » inhérente au travail manuel que l'aménagement politique ou économique ne pourra jamais totalement dissoudre.

L’irréductibilité de la servitude : En affirmant qu'une « parfaite équité sociale n'effacerait pas » cet élément de servitude, l'autrice se distingue d'un marxisme orthodoxe qui verrait dans la seule fin du capitalisme la libération totale du prolétariat. La servitude n'est pas seulement liée au patronat ou à l'exploitation, elle tient à la nature même de l'effort physique d'exécution.

La distinction Nécessité / Finalité : C'est le cœur conceptuel de ce premier paragraphe.

Gouverné par la nécessité : Le travail répond à l'urgence de la survie biologique (manger, s'abriter).

Non par la finalité : Le travailleur manuel ne choisit pas l'œuvre, il répète un geste. Il agit « à cause d'un besoin » (le passé, le manque actuel) et non « en vue d'un bien » (le futur, le projet).

Le piège de la reproduction à l'identique : Weil résume l'absurdité économique du quotidien ouvrier : on travaille pour conserver ce que l'on a déjà (« gagner sa vie »), et non pour obtenir « autre chose ». C'est une boucle défensive : faire un effort immense simplement pour ne pas déchoir, pour ne pas mourir. Le travail ne produit rien d'autre que la perpétuation de la force de travail.

II. La contradiction tragique entre l'effort imposé et la dynamique du désir

Dans le deuxième mouvement, Simone Weil bascule d'une analyse socio-économique à une anthropologie du désir pour montrer l'impact psychologique de cette servitude.

Le moteur de l'action humaine : Le postulat est clair : « il n'y a pas pour l'effort d'autre source d'énergie que le désir ». L'homme a besoin d'un horizon, d'une projection vers l'avant pour accepter la douleur de l'effort.

La nature du désir : Le désir est par définition transcendance, il est « un commencement de mouvement vers quelque chose », vers un « point où on n'est pas ». Il exige l'altérité et l'inconnu. Or, le travail d'exécution exige un effort permanent tout en lui interdisant tout horizon créateur.

Les métaphores de l'enfermement : Weil utilise deux images frappantes pour décrire le blocage du désir :

L'écureuil dans sa cage : Symbole du mouvement perpétuel qui ne mène nulle part, de l'énergie cinétique purement gâchée.

Le condamné dans une cellule : Image de la privation de liberté et du châtiment.

Le court-circuit psychologique est ainsi mis au jour : contraindre un homme à fournir un effort sans lui permettre de désirer le but de son effort produit une usure de l'âme, que l'autrice nomme rationnellement « l’écœurement ».

III. L'épuisement moral du travailleur

Le dernier paragraphe tire les conséquences de cette analyse en formulant une clinique de la condition ouvrière.

La gradation du vide existentiel : « L'écœurement, la lassitude, le dégoût ». Ces termes ne relèvent pas de la simple fatigue physique (qui s'efface par le repos), mais d'une fatigue ontologique, d'un épuisement du sens. C'est le dégoût d'une vie réduite à sa seule fonction mécanique.

La tentation permanente : Ce dégoût est qualifié de « grande tentation ». La tentation ici n'est pas celle du péché, mais celle du renoncement : la tentation de baisser les bras, de sombrer dans l'apathie ou la dépression face à l'absurdité de la tâche.

Le paradoxe des « meilleurs » : Le texte s'achève sur une note profondément tragique : « cette tentation mord davantage les meilleurs ». Qui sont « les meilleurs » ? Ce sont ceux qui ont la conscience la plus éveillée, ceux qui ont le désir le plus vif d'idéal, de beauté ou de justice. Plus un être a de valeur spirituelle et intellectuelle, plus la violence de la répétition mécanique de l'usine lui sera douloureuse et insupportable.

Intérêt philosophique (Ouverture / Critique)

L'intérêt majeur de ce texte est de proposer une phénoménologie du travail aliéné. Simone Weil met le doigt sur le fait que la souffrance au travail n'est pas seulement une question de pénibilité physique ou de bas salaires, mais une question de privation de sens.

On peut mettre ce texte en résonance avec d'autres grands concepts philosophiques :

Le mythe de Sisyphe (Camus) : Le travailleur d'exécution est un Sisyphe moderne, condamné à pousser son rocher (fournir un effort) pour le voir redescendre chaque soir (ne rien avoir d'autre que ce qu'on a).

L'aliénation chez Marx : Bien que Weil identifie une part de servitude indépassable (liée aux lois de la nature), son texte éclaire brillamment le concept de travail aliéné où l'ouvrier ne se reconnaît plus dans le produit de son travail.

Simone Weil nous invite à repenser radicalement l'organisation du travail : si la nécessité ne peut être totalement abolie, la dignité humaine exige que l'on réintroduise de la finalité et de la pensée dans les tâches d'exécution, afin que le travailleur ne soit plus jamais traité comme une simple machine.

 

 

 

 

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