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Cours sur la liberté, fiche bac
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Comment parler du déterminisme avec Zola?
Le déterminisme chez Zola : hérédité et milieu social
Le déterminisme signifie que l'individu n'est pas totalement maître de ce qu'il devient. Son comportement et son destin peuvent être fortement influencés par des causes qu'il n'a pas choisies.
1. Le déterminisme héréditaire
Pour Zola, l'hérédité joue un rôle important.
L'individu reçoit de ses parents certaines caractéristiques qui peuvent influencer son caractère, ses comportements ou certaines fragilités.
On peut simplifier ainsi :
Ce que je suis dépend en partie de ce que j'ai reçu de ma famille.
Dans Les Rougon-Macquart, Zola suit plusieurs générations d'une même famille pour montrer comment l'hérédité peut se transmettre et influencer les descendants.
Par exemple, certains comportements ou certaines fragilités peuvent réapparaître chez les descendants.
Mais attention :
Être déterminé ne signifie pas être condamné.
L'hérédité constitue une influence, pas nécessairement un destin absolument fixé.
2. Le déterminisme social
Le milieu social exerce également une influence importante.
Un enfant ne choisit pas :
- sa famille ;
- sa classe sociale ;
- son niveau de richesse ;
- son éducation ;
- son environnement ;
- les conditions dans lesquelles il grandit.
Ces éléments peuvent fortement influencer son avenir.
Exemple très simple
Un fils d'ouvrier n'est évidemment pas condamné à devenir ouvrier.
Mais s'il grandit dans un milieu où les études sont difficiles d'accès, où l'argent manque et où il doit commencer rapidement à travailler, ses possibilités ne sont pas les mêmes que celles d'un enfant qui grandit dans une famille très favorisée.
→ Le milieu social pèse sur les possibilités, sans déterminer mécaniquement le destin.
3. Même chose pour l'alcoolisme
Un enfant de parent alcoolique n'est pas automatiquement condamné à devenir alcoolique.
Mais il peut être davantage exposé :
- à l'alcool dans son environnement familial ;
- à certains comportements ;
- à certaines difficultés sociales ;
- à des habitudes qu'il a observées depuis l'enfance.
→ Là encore, il faut distinguer influence et condamnation.
4. Chez Zola : hérédité + milieu
C'est cette combinaison qui est importante.
Hérédité
→ ce que l'individu reçoit de sa famille
+
Milieu social
→ l'environnement dans lequel il grandit
+
Conditions de vie
→ pauvreté, travail, logement, entourage...
↓
Influencent l'individu et son destin
Mais l'individu agit toujours : c'est justement ce qui permet de poser le problème philosophique de la liberté.
La question philosophique
Si je ne choisis ni mon hérédité, ni ma famille, ni mon milieu social, dans quelle mesure suis-je libre de devenir ce que je veux ?
C'est là que Zola rejoint directement la notion de liberté :
Je peux faire des choix, mais je ne choisis pas toutes les conditions qui déterminent mes choix.
Le déterminisme ne signifie pas que mon destin est écrit d'avance ; il signifie que ma liberté s'exerce dans des conditions que je n'ai pas choisies.
1. Nous avons le sentiment d'être libres
Pour Spinoza, nous avons conscience de nos désirs et de nos actions.
Par exemple :
« J'ai envie de sortir, alors je sors. C'est mon choix : je suis libre. »
Nous avons donc naturellement l'impression que nous sommes libres parce que nous savons ce que nous voulons.
2. Mais nous ignorons souvent les causes de nos désirs
C'est le point essentiel chez Spinoza.
Nous savons :
ce que nous voulons
mais nous ne savons pas forcément :
pourquoi nous le voulons.
Un désir peut avoir de nombreuses causes : notre éducation, nos habitudes, notre histoire, notre environnement, nos rencontres, etc.
Spinoza écrit :
« Les hommes se croient libres parce qu'ils sont conscients de leurs actions et ignorants des causes qui les déterminent. »
3. Un exemple très simple
Imaginons que je dise :
« Je choisis librement ce métier parce qu'il me plaît. »
Spinoza pourrait demander :
Pourquoi ce métier te plaît-il ?
Peut-être parce que :
- mes parents m'ont transmis certaines valeurs ;
- j'ai vécu certaines expériences ;
- j'ai certaines habitudes ;
- Je viens d'un certain milieu.
Je suis conscient de mon choix, mais je ne connais pas nécessairement toutes les causes qui ont produit ce choix.
4. Le déterminisme chez Spinoza
Pour Spinoza, rien n'arrive sans cause.
L'être humain fait lui aussi partie de la nature. Ses pensées, ses désirs et ses actions ne sont donc pas des événements totalement indépendants : ils ont des causes.
On peut le présenter ainsi :
Je désire quelque chose
↓
je prends conscience de mon désir
↓
je crois que je suis libre
↓
mais mon désir possède des causes
↓
je ne connais pas forcément ces causes
C'est pourquoi Spinoza critique l'idée d'un libre arbitre absolu.
5. Alors, sommes-nous condamnés à ne jamais être libres ?
C'est là que Spinoza devient particulièrement intéressant.
Il ne suffit pas de dire :
Nous sommes déterminés, donc nous ne sommes pas libres.
Pour Spinoza, comprendre les causes qui nous déterminent permet justement de devenir plus libres.
Par exemple :
Je comprends pourquoi je suis constamment en colère.
Si je découvre les causes de ma colère, je peux progressivement apprendre à mieux la maîtriser.
La connaissance permet donc de passer de :
Je subis ce qui m'arrive
à :
Je comprends ce qui m'arrive et je peux davantage agir sur moi-même.
Freud : l'inconscient limite-t-il notre liberté ?
1. Nous avons l'impression d'être maîtres de nous-mêmes
Dans la vie quotidienne, nous pensons généralement connaître nos pensées, nos désirs et les raisons de nos actions.
Nous nous disons :
Je sais ce que je veux et je décide moi-même de ce que je fais.
Nous avons donc l'impression d'être maîtres de nous-mêmes.
Mais Freud remet en question cette idée.
2. Une partie de nous-mêmes nous échappe
Selon Freud, une partie de notre vie psychique est inconsciente.
Cela signifie que nous pouvons avoir :
- des désirs ;
- des souvenirs ;
- des peurs ;
- des conflits ;
dont nous n'avons pas clairement conscience, mais qui peuvent pourtant influencer nos pensées et nos comportements.
Nous ne savons donc pas toujours pourquoi nous agissons comme nous le faisons.
Exemple
Une personne peut avoir une réaction très forte face à quelqu'un sans comprendre elle-même pourquoi.
Elle peut dire :
Je ne sais pas pourquoi, mais cette personne m'énerve immédiatement.
Freud chercherait à comprendre ce qui se trouve derrière cette réaction.
→ L'individu conscient n'est donc pas nécessairement entièrement maître de ce qui se passe en lui.
3. « On n'est pas maître dans sa propre maison »
C'est l'idée essentielle à retenir.
Freud écrit :
« Le moi n'est pas maître dans sa propre maison. »
Cette formule signifie que notre conscience ne contrôle pas totalement notre vie psychique.
Nous croyons être maîtres de nous-mêmes, mais l'inconscient peut influencer une partie de nos pensées, de nos désirs et de nos comportements.
On peut donc faire le raisonnement suivant :
Je pense être libre
↓
Je crois connaître mes désirs et les raisons de mes actes
↓
Mais certains désirs et certaines causes sont inconscients
↓
Je ne maîtrise donc pas totalement ce qui me pousse à agir
4. Freud remet donc en question la liberté
Cela pose directement un problème au sujet :
La liberté, est-ce faire ce qui me plaît ?
Je peux dire :
Je fais ce qui me plaît, donc je suis libre.
Mais Freud permet de répondre :
Comment savoir que ce qui me plaît vient réellement d'une volonté consciente et maîtrisée ?
Un désir peut être influencé par des éléments inconscients.
Ainsi, faire ce qui me plaît ne suffit pas forcément à prouver que je suis libre.
5. Mais prendre conscience permet aussi de retrouver une certaine maîtrise
Il ne faut surtout pas terminer sur l'idée :
Nous sommes inconscients, donc nous ne sommes pas libres.
L'intérêt de la psychanalyse est aussi de permettre à l'individu de prendre conscience de ce qui lui échappe.
Comprendre ses peurs, ses désirs ou certains conflits peut permettre de mieux les maîtriser.
On passe donc de :
Je subis ce que je ne comprends pas.
à :
Je comprends mieux ce qui agit en moi et je peux davantage agir sur moi-même.